L’Espagne sort de la crise économique

«  L’Espagne est sortie de la récession, pas de la crise », informe le Premier ministre Mariano Rajoy. Près d’un an après l’injection par l’Europe de 41,3 milliards d’euros dans les banques espagnoles, la prudence reste de mise : si la croissance devrait être positive au troisième trimestre, elle n’augmenterait que de 0,7 % en 2014, d’après le gouvernement.

Le chemin de la prospérité est encore long, alors que le PIB de 2012 était encore de 5,4 % inférieur à celui de 2008.

Déficit courant : un solide rééquilibrage

C’est la plus grande prouesse de l’économie espagnole : le déficit courant a été ramené d’un gouffre représentant 10 % du PIB en 2007, à l’équilibre. Au premier semestre 2013, un léger excédent est même enregistré. L’Espagne a gagné des parts de marché à l’extérieur. Une évolution qui devrait perdurer, estiment les économistes de Barclays. En revanche, la dette publique a explosé, passant d’un vertueux 40 % du PIB en 2008 à 92,2 %. Elle grimperait à 98,9 % en 2014.

Compétitivité : le boom

Les très bons résultats du commerce extérieur reflètent les gains de compétitivité générés par la dévaluation interne. Entre 2009 et 2012, les coûts unitaires du travail ont baissé de 7 % selon le gouvernement.

Investissements : morne plaine

Cependant, le dynamisme des exportations ne se traduit pas encore en termes d’investissements privés. Ceux-ci vont encore baisser, de 6,1 % en 2013 et gagneront à peine 0,2 % en 2014. Ils représentent actuellement 11 % du PIB contre environ 15 % en 2008. En cause : le désendettement des entreprises, la baisse de la consommation et le resserrement du crédit, malgré la recapitalisation des banques.

Chômage : très lente décrue

La faible demande intérieure et un secteur exportateur peu intensif en main-d’œuvre maintiendront à moyen terme le chômage à un taux élevé (26,2 % actuellement, contre 10,4 % en 2008 dont 56 % chez les jeunes).

Le gouvernement prévoit qu’il baissera à 25,9 % l’an prochain grâce à la reprise et à la réforme du Code du travail de 2012.

Immobilier : l’ajustement se poursuit

L’ajustement du secteur immobilier, détonateur de la crise, va se poursuivre, malgré l’intérêt croissant des fonds étrangers. D’après Morgan Stanley, les prix pourraient encore baisser de 30 % au cours des deux années à venir. Depuis 2007, ils ont chuté de plus de 35 %

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